Un ouvrage de sensibilisation à une conduite sécuritaire

Moniteur-instructeur de conduite automobile depuis plus de 25 ans dans la région de Québec, Denis Pelletier a écrit et publié au début de 2010 le livre Mieux conduire, mieux SE conduire!, Vers un partage plus harmonieux de l’espace routier. Il s’agit d’un ouvrage d’information et de sensibilisation renfermant quelque 125 situations concrètes que les usagers vivent régulièrement sur la route. L’auteur propose son explication de ce qui les cause ainsi que des suggestions visant à améliorer les comportements dans le sens d’une meilleure sécurité pour tous, en vue d’un partage plus harmonieux de l’espace routier.

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Vocation : sécurité routière

Depuis plus d'un quart de siècle, j'enseigne la conduite automobile (théorie et pratique) et à moto (depuis 2003). Entre autres sujets, je traite du respect de soi et des autres, des attitudes, comportements et habitudes des usagers du réseau routier, et surtout du fondement d’une conduite sécuritaire : la vision. Cette passion pour la sécurité routière m’a amené à rédiger des chroniques pour le quotidien Le Soleil de Québec pendant presque un an ainsi qu’à participer à des entrevues télévisées et radiophoniques.

Au fil du temps, j'ai poursuivi un chemin un peu rude pour une cause des plus valorisantes : enseigner aux autres à se servir d'un outil de déplacement qui peut aussi devenir une arme pouvant se retourner contre soi et les autres. Il s’agit d’une tâche délicate, un sentier parsemé d’obstacles imprévisibles. Malgré tout, j’ai avancé, évolué.

Reportons-nous en 1967. J’avais presque 13 ans et mon frère aîné, Michel, deux années de plus que moi. C’était l’été. Lors d’une balade à bicyclette, l’irréparable s’est produit : mon frère a été mortellement happé par une voiture dont le conducteur avait eu la vue voilée par un camion. Je l’avais vu s’apprêter à tourner à gauche alors qu’il suivait ce poids lourd.

J’ai eu beau crier pour l’avertir du véhicule que je voyais arriver en sens inverse, il a tout de même effectué la manœuvre fatale. Impuissant, je l’ai vu être projeté dans les airs et retomber sur le sol à une vitesse folle, sa tête heurtant brutalement l’asphalte près d’une grille d’égout. Cette vision d’horreur m’a frappé tout autant que lui, mon cerveau a été alors marqué d’une séquelle indélébile, une peine extrême devant une vie que j’aimais et qui s’envolait à tout jamais. Au début de l’adolescence, le choc a été immense. Toute la vie familiale venait de basculer, affectivement et financièrement, à une époque où l’assurance maladie n’existait pas.

Dans mon inconscient, ma voie de la sécurité routière était déjà tracée. Je me souviens néanmoins du fait que mon père a aussi donné des cours à quelques-uns des mes oncles et tantes. Il devait avoir la patience voulue, car tous ont passé l'examen.

On peut donc, à la lecture de ce drame vécu au début de mon adolescence, comprendre mon intérêt pour le partage de la route, le respect et l'harmonie, les vies qui peuvent être sauvées. C’est ce qui m’a donné le goût et la capacité d'enseigner dans des écoles de conduite pour améliorer et former des conducteurs prudents. Mais je suis réaliste, il faut aussi faire de la rééducation en matière de conduite automobile pour aller à la conquête de la liberté et de la sécurité routière.

Plus il y a de conducteurs, plus il y a de véhicules sur nos routes et plus il y a de comportements différents. Si tous les usagers (automobilistes, camionneurs, motocyclistes, cyclistes et piétons) suivaient les mêmes règles, adoptaient des habitudes appropriées et partageaient l’espace routier avec le sourire, on peut imaginer les coûts physiques et matériels épargnés, sans compter la réduction des primes d’assurances.

À l’époque, je n'ai pas suivi de cours de conduite, j'ai pratiqué avec quelques amis et j'avais remarqué la façon de conduire de mon père et de mes amis (mauvais stratagème) pour l'examen de conduite. Après l'obtention de mon permis, je conduisais comme je pensais ou comme je voulais, sans trop de prudence, car je ne connaissais pas vraiment les règles de sécurité. Quand j'ai suivi mon cours de moniteur de conduite, j'ai appris comment conduire et partager la route et non seulement comment diriger le véhicule.

Tout d’abord, j’ai appris à me respecter et à respecter les autres sans me mettre dans le pétrin, en faisant en sorte que la circulation soit toujours en mouvement, comme tout l'univers, en mouvement. Le principe fondamental consiste à donner la chance à autrui de prendre sa place, soit en ralentissant ou en accélérant sans se nuire ou nuire à la fluidité routière. Éviter surtout de se mettre en position pour devenir un obstacle à la libre circulation des véhicules peu importent les circonstances.

Au début, au printemps 1984, quand j'enseignais la sécurité routière au volant d'une automobile, mes cours ressemblaient à l'enseignement reçu. À la longue, j'ai amélioré ma pédagogie et j’ai toujours expliqué le « pourquoi du comment » dans la manœuvre appropriée, rajouté l'information pertinente, des détails qui sont inscrits dans ces pages. Souvent, avec des apprenti(es), j’expérimentais des situations que je ne comprenais pas, mais je vivais la même réalité lorsque j’étais au volant. Alors j’établissais les liens appropriés et j’étais alors en mesure d’améliorer mon comportement en vue d’une plus grande sécurité. À force de m’observer et d’observer les autres, j’ai amélioré à la fois ma façon de conduire et ma sécurité sur la route.

Si j’ai pu le faire (je suis toujours en cheminement à cet égard), vous le pouvez aussi. C’est possible et cela dépend de chacun(e) d’entre vous qui mettrez ou non en pratique ces habitudes de sécurité à développer pour un partage plus harmonieux de la route. Si on commençait tout de suite? Ce faisant, nous nous respecterons mieux et nous montrerons l'exemple à tous les autres. Partager!

La majorité des situations décrites dans le livre « Mieux conduire, mieux SE conduire », que j’ai publié au début de 2010, sont tirées de la réalité et validées par mes années d’expérience pratique sur la route à titre de moniteur. Elles pourront paraître répétitives dans certains cas, mais elles ont le mérite de faire réfléchir, car les oublis, les distractions et les surprises n’épargnent personne. L'important est de comprendre comment conduire de façon sécuritaire, de mettre en pratique les manœuvres allant dans ce sens, de développer des attitudes respectueuses, de partager la route avec tous les usagers, de comprendre et de respecter les indications fournies sur les routes, de ne pas être confus, d’être proactif, de connaître les manœuvres appropriées à exécuter sans avoir à réfléchir sur la situation et, surtout, d'avoir le sourire! Tout comme le chantait John Lennon dans Imagine, le partage et la paix! Si tout le monde voulait ne faire qu’un, tout serait si simple…

L’information transmise dans les pages de cet ouvrage constitue l’une des meilleures façons de procéder pour effectuer des manœuvres en toute sécurité au volant. À cet égard, précisons que ces renseignements sont habituellement bien annoncés par des panneaux, des feux de signalisation (toujours placés à la hauteur des yeux à l’horizon) ainsi que par des marques sur la chaussée visibles de très loin.

Je suis disponible pour discuter de sécurité routière ainsi que d’autres sujets. Votre opinion est sacrée et c’est votre droit de la défendre avec ardeur. Il faut toutefois demeurer conscient que si tout être a le droit de s’exprimer, il ne saurait être question d’exiger qu’on lui donne toujours raison. Chaque individu a sa réalité, c’est humain.

Bonne route sur ce site!

Denis Pelletier